Le diaconat permanent

Il semble que le diaconat ait existé dès les premiers temps de l’Église, avant même le presbytérat – les prêtres. Petit à petit, ce degré du sacrement d’ordination a perdu de sa spécificité et est devenu une étape vers l’ordination presbytérale. Ce diaconat, bien que sacramentellement identique, diffère parce qu’il est « diaconat transitoire », par opposition à « diaconat permanent ». Il est souvent identifié comme tel encore, quand on nous demande, les diacres permanents, si nous serons bientôt ordonnés prêtres.

Sacrement du service

Le Concile Vatican II l’a restauré sous sa forme « permanente » et l’a ouvert aux hommes mariés. Il est permanent dans deux sens : le diacre l’est pour la vie et ce diaconat n’est pas une étape vers la prêtrise. C’est le sacrement du service, celui du Christ Serviteur. En Église, nous sommes tous serviteurs, que nous soyons laïcs, personnes consacrées ou clergé. Le diacre, serviteur lui-même, représente l’Église servante, en particulier et davantage lors de l’Eucharistie : chacun est invité à se reconnaître dans le Christ Serviteur présent à l’autel. Il complémente le Christ Tête représenté par le prêtre. C’est dans la grâce sacramentelle de l’ordination que le diacre puise les ressources spirituelles qui l’alimente.

Liturgie, Parole et charité

Le ministère du diacre est articulé selon trois axes : la liturgie, la Parole et la charité. C’est dans la liturgie que nous le voyons le plus souvent, lors de l’Eucharistie, par exemple. Il peut aussi présider aux mariages, aux baptêmes ou aux funérailles. Par la Parole il est appelé à proclamer l’Évangile et à enseigner par des homélies. Son ministère de la charité l’amène à prendre contact avec les gens du seuil, ceux qui, vivant dans le monde, ne sont pas aussi accessibles aux prêtres et aux évêques. Il faut se rappeler que le diacre vit comme un laïc et qu’il est ainsi en mesure de manifester la charité de l’Église en des lieux nouveaux ou peu rejoints. C’est d’ailleurs ce dernier domaine de son ministère qui est le moins connu et le moins articulé. C’est tout un champ d’exploration et de découvertes pour une Église renouvelée.

Engagement dans l’Église

Dans l’archidiocèse d’Ottawa le diacre est bénévole, à moins d’être un employé de l’archidiocèse ou être agent de pastorale. À ce titre, il est parfois difficile de distinguer la vocation d’un laïc bénévole très impliqué dans sa communauté de celle d’un diacre. L’articulation du discernement vocationnel se fait selon les axes suivants :

  • le diaconat est permanent, ce n’est donc pas un engagement à prendre à la légère;
  • le diacre se rapporte à l’évêque, c’est l’évêque qui actualise l’appel vocationnel par l’ordination et il s’engage à son tour à s’assurer de la collaboration permanente du diacre qu’il vient d’ordonner;
  • dans son engagement et son ministère, le diacre est assuré du support divin par la grâce sacramentelle de son ordination, il n’est donc jamais seul;
  • il s’engage à vivre cette solidarité ministérielle par la prière de l’Église qu’est la Liturgie des Heures.

Vocation

Le diaconat permanent est un véritable appel du Seigneur, c’est une vocation. C’est pour ça que le discernement et le cheminement vocationnels sont des exigences minimales avant que l’évêque ne fasse l’appel à l’ordination.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *