À l’ère des témoins – Tour d’horizon sur témoignage et vocations (Partie 3 de 3)

Nous vous proposons la troisième et dernière partie. En clôture de l’entrevue, le P. Pierre-Olivier Tremblay répond à des questions sur le témoignage qu’offre les vocations. À lire !

Julie Tanguay : Parfois j’entends le commentaire que certaines vocations offrent un plus grand témoignage, comme la prêtrise et la vie consacrée. Pourriez-vous commenter?

Pierre-Olivier Tremblay : On est des témoins de par notre baptême. C’est notre baptême qui nous constitue membres du corps du Christ. La beauté de l’image du corps est que chaque membre est important. Chaque membre est différent aussi. Je trouve que c’est une belle métaphore de Paul. Elle nous dit qu’on ne fait pas tous la même chose dans l’Église, mais nous sommes tous importants.

Il faut retourner à l’origine de la vision de la vie religieuse comme voie parfaite : c’est vers le IVe siècle que l’Église devient l’Église de l’Empire romain. Il y a alors des masses de personnes qui se font baptiser. Ce n’était donc plus le même engagement de type « héroïque » que les premiers siècles. La vie religieuse est devenue à ce moment la façon de suivre Jésus ; les autres se contentaient de suivre les commandements. On a créé un christianisme à deux vitesses. Le Concile Vatican II a remis cette conception à sa juste place en affirmant que nous sommes tous appelés à la sainteté. Nous avons tous la même dignité et toutes les vocations sont des vocations à suivre Jésus. Chaque vocation a ses défis, ses croix dans un sens, son bonheur. Je pense qu’on peut se réjouir qu’on puisse honorer le témoignage des laïcs. C’est la majorité du monde. Il faut avoir des gens qui puissent leur parler.

J.T. : Dans ce sens-là, est-il préférable que des couples mariés témoignent à d’autres couples mariés ? Ou des religieux et des religieuses peuvent-ils le faire également ?

P.O.T. : C’est une technique d’évangélisation. Saint Paul le disait dès le début : Je me suis grec avec les grecs, hébreu avec les hébreux, romain avec les romains. L’Église catholique a pris ce point de vue depuis maintenant 100 ans. On le voit par exemple dans l’expression : l’évangélisation des jeunes par les jeunes. Le semblable et l’affinité permettent à celui qui écoute ou voit le témoignage d’être rejoint. Quelqu’un qui a une vie semblable à la nôtre va nous toucher plus particulièrement. Dans ce cadre, la vie religieuse a pour effet d’interroger plutôt que d’apporter un sentiment d’affinité. Les laïcs vont sentir une affinité avec d’autres laïcs. Mais quelqu’un qui choisit le célibat consacré va plutôt interroger. Parfois on a besoin d’être touché par l’interrogation. La sexualité ou la vie de couple ne sont par la seule chose. Chaque état de vie peut m’amener, – comme le « déjà là et pas encore » -, à approfondir mon cheminement ou m’amener à me dire que tout n’est pas là. La vie religieuse est là pour nous rappeler que le monde ici n’est pas tout.

Parie 1 de 3 : L’importance du témoignage
Partie 2 de 3: L’ABC du témoignage

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